Skip to content

Darktable, un Lightroom killer?

by LCG on mars 11th, 2010

C’est sous ce titre un brin racoleur que je découvrais l’existence d’un nouveau logiciel de traitement d’images/dérawtisateur sur le forum PhotoLinux [fr].

La licence de la béta de Bibble 5 Pro arrivant à expiration avec la sortie officielle du dit logiciel, je me jetais sur ce nouveau venu avec beaucoup d’excitation.

Et la prise en main fut rapide et instinctive. Je croyais tenir  enfin le logiciel libre pour dérawtiser mes photos de manière rapide et efficace. Mais un test bref ne suffisait pas, il fallait approfondir la chose. Ca tombait bien, je revenais de vacances avec 20Go d’images. Un test grandeur nature donc, pour ce petit dernier de la photo sur Linux.

Une petite précision tout de même avant de commencer : je ne suis pas quelqu’un de très technique ni de très pointu au niveau du traitement numérique. Les spécialistes trouveront sans doute qu’il manque des précisions dans mon test, notamment sur les résultats, les algorithmes et tous ces trucs de « matheux ».

1. Installation

Les sources sont téléchargeables à cette adresse : http://sourceforge.net/projects/darktable/files/

Un .deb est disponible mais uniquement pour les architecture 64 bits.

Les requis sont les suivants :  sqlite3, libjpeg, libpng, libraw (supplied), gtk+-2, cairo, libglade2, lcms, gegl (optional), exiv2, gconf. en -dev pour ceux qui vont compiler.

Pour la compilation c’est comme d’habitude.

  • ./configure
  • make
  • checkinstall (en root)

A noter que le logiciel est en version 0.4. Donc jeune.

2. Utilisation.

Entrons dans le vif du sujet et lançons le logiciel. On se retrouve sur cet écran.

01-ecran 1

C’est sobre, simple et lisible. Normal, il n’y a rien ou presque. Sur cette vue les panneaux du bas et du haut sont cachés. On peut d’ailleurs, à loisir, les cacher ou les rendre visibles en appuyant sur les grandes barres noires.

Panneau de gauche :

  • Import film roll : permet d’importer un dossier entier
  • Import single image : pour importer une seule image
  • Singles images : à cet emplacement apparaîtra une liste des quatre derniers dossiers ouverts. Idéal lorsqu’on travaille un dossier sur plusieurs jours.

Pour le moment les autres panneaux sont soit vides soit inutiles.

Importation.

L’importation se passe comme sur tout autre logiciel de ce type, on choisit un dossier et les images sont importées dans le logiciel. La création des vignettes m’a semblé plus rapide que dans RawTherapee. Mais ça peut encore être amélioré à mon avis. On arrive alors sur la table de visionnage.

02-vue_complete

Cette vue est un vrai régal à utiliser. La molette de la souris permet de zoomer/dézoomer à volonté avec une légèreté et une fluidité très agréable. Une fois qu’on aura zoomer, on pourra se déplacer sur la table avec le bouton du milieu ou le bouton droit de la souris (on laisse appuyé, on bouge, on relâche). J’ai trouver ce système très efficace et encore une fois très agréable.  Ca en rebutera cependant certains qui préfèreront des choses plus classiques.

Sur la vue précédente j’ai rajouté les panneau haut et bas qui permettent respectivement de changer le type de tri appliqué aux images et de créer un fichier « historique » pour les images. Je n’ai pas testé cette dernière fonctionnalité n’y voyant pas d’intérêt.

A droite on a le panneau d’exportation qui permet d’exporter en :

  • 8 bits – JPEG
  • 8 bits – PNG
  • 16 bits – PPM (nom du PNG 16 bits?)
  • float pfm (je ne connais pas ce format)

Les trois images qui suivent montrent jusqu’où on peut zoomer, soit jusqu’à avoir l’image complète et seule.

03-zoom-panneau 04-zoom-panneau 05-zoom-panneau

Tout cela se fait avec une fluidité exemplaire. Ca me plaît :)

Edition

Un double clic sur une image et on entre dans le mode édition (ce qui nous intéresse le plus finalement).

06-mode_edition

Une fois tous les panneaux qui ne servent pas cachés, la surface réservée à l’image est plutôt vaste. A droite, nous avons tous les outils.

07-outil Ici je les ai tous « repliés » pour que vous puissiez tous les voir. « L’onglet » More Pluggins, en bas, permet d’activer ou non certains réglages par simple clic. Ainsi, si on ne veut pas de l’outil Monochrome parce-qu’on ne travaille jamais en noir et blanc il est possible de ne pas avoir cet outil dans la liste. Ca permet d’alléger la liste qui est parfois on peu touffue.

Cette liste d’outil me chagrine un peu. Elle est trop petite. On se retrouve souvent à utiliser la barre de défilement pour chercher l’outil que l’ont souhaite et/ou à « plier » « déplier » les outils. Le système d’onglets de RawTherapee me convient bien plus.  D’autant qu’ici, utiliser la molette de la souris pour faire défiler vers le haut ou le bas la liste peut s’avérer dangereux puisqu’en passant sur un réglage on peut le changer sans vraiment s’en apercevoir.

Il y aurait donc du travail à faire de ce côté là.

Présentation de quelques outils

Parmi ceux qui m’ont bien plu, le « color correction » m’a semblé très intuitif. On dessine un rectangle plus ou moins gros (selon la quantité voulu) sur la plage de couleur. On fait glisser ce resctangle (cette zone) deci-delà selon le résultat voulu.

08-color-correction

La saturation se fait aussi avec cet outil, à l’aide de la glissière qui est juste en dessous.

Il n’y pas d’outil luminosité/contraste comme sur la plupart des logiciels de ce type. Personnellement je ne les utilise que rarement, préférant me servir des courbes de niveau. Cet outil est bien présent, et bien qu’un peu sensible il n’en reste pas moins efficace.

08-tone_curve

L’outil de recadrage est une vraie calamité. Presque pire que celui de RawTherapee. Je dois avoir un problème psychologique avec ce genre d’instrument. J’ai juste besoin de pouvoir faire un rectangle ou un carré en ce qui me concerne!

On notera l’absence d’un débruiteur, ce qui oblige à passer par un logiciel externe ainsi que l’impossibilité de jouer indépendamment sur chaque couleur (sur le ton, la luminosité, etc. . . ). A ma connaissance, sur Linux, seul Bibble 5 permet un vrai contrôle de chaque couleur (ou GIMP aussi sans doute mais je ne l’utilise pas pour la dérawtisation).

Sur son site, l’auteur vente les mérites de son outil « Equalizer« . J’avoue ne pas l’avoir compris et ne pas m’être attarder dessus. Au vue des résultats que l’auteur a avec il a cependant l’air intéressant. . . A pousser.

L’outil monochrome quant à lui est très sympa. Il offre une palette de filtre dans laquelle on déplace une zone pour choisir quel filtre appliqué (rouge, jaune, etc. . . ). On peut ainsi régler son filtre de manière très précise.

10-monochrome

Exportation

Pour exporter il faut revenir à la table de visionnage en double-cliquant sur son image. Bouton « export » et hop, c’est partit.

09-export

Ici, pas de barre d’avancement ou de pourcentage. On n’a aucune info sur le travail accompli. Au début j’allais toujours vérifier dans dolphin que Darktable avait bien exporté mes images. Je suppose que ça viendra par la suite.

Par défaut, Darktable exporte les images dans un sous-dossier qu’il crée dans le dossier que vous avez importer : 2009-06-04-Parc_Animalier/darktable_exported. Et ca restera comme ça puisqu’il n’est pas possible de modifier ce chemin.

Car Darktable a un gros point noir (pour le moment). On ne peut rien configurer. Il n’y a pas de menu ou de fenêtre d’options. Je suppose que c’est parce-que le logiciel est jeune et que l’auteur a préféré travailler sur des choses plus importantes.  Je partage son point de vue. . . mais je suis un grand amateur de panneaux de configuration qui n’en finissent pas :)

Autre chose, le logiciel ne gère pas différentes versions d’une même image. A l’exportation il écrasera toute ancienne version  de l’image portant le même nom. Il est alors difficile de sortir deux versions différentes d’une même images. C’est aussi un point négatif.

coq couleur coq noir et blanc

3. Conclusion

Que dire. D’un point de vue purement subjectif Darktable m’a bluffé. Sortit de nul part il prend sa place parmi les meilleurs logiciels libres de dérawtisation. Il est cependant encore très jeune et cela se sent sur beaucoup de petits détails. Mais il est beaucoup plus stable que la dernière alpha de RawTherapee 3 (qui chez moi plante toutes les deux images!). Chez moi en tous cas il a pris la place de Bibble 5. Suite à la sortie officiel de Bibble 5 pro, les versions bétas ont été verrouillées. Juste quand je commençais à l’avoir bien en main. Ca m’avait mis un coup au moral. . . Et Darktable est arrivé.

Dans les points négatifs on retiendra donc l’absence d’options, l’absence de « versionning ». Concernant les résultats j’ai remarqué beaucoup de bruit sur mes images. C’est sûrement dû à l’absence de débruiteur dans le logiciel.

Je suis très optimiste sur la dérawtisation sur GNU/Linux. RawTherapee qui a été libéré va sûrement grandement s’améliorer et Darktable est déjà un incontournable.

La photo sous système libre c’est de mieux en mieux, vraiment pas cher et communautaire. J’en viens parfois à plaindre les utilisateurs Windows. . . qu’est-ce qu’on est bien sans Adobe.

Sur ce, à bientôt ;)

Site officiel de Darktable

No comments yet

Leave a Reply

Note: XHTML is allowed. Your email address will never be published.

Subscribe to this comment feed via RSS