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Exemple d’un workflow sous GNU/Linux et KDE (4).

by LCG on septembre 10th, 2009

Bonsoir, gnu_white

on entend souvent les photographes râler comme quoi faire de la photo sous Linux est impossible. En fait, ce qui leur manque, je crois, est principalement Photoshop. Pourtant, pour l’avoir vécut, il est bien facile de se passer de Photoshop. Et les outils mis à disposition dans le libre sont plus que satisfaisants si on oublie un peu son côté mégalomane « j’veux faire la photo qui tue par tout les moyens même si je dois rajouter une moustache à la tante Victoire et enlever la barbe au Ché ».

Bref, un workflow (presque) libre est tout à fait possible et se révèle même plus puissant que sur Windows si on se donne la peine d’essayer et d’amadouer les nombreux logiciels mis à notre disposition. A mes débuts sous Debian, lorsque j’ai voulu recréer un workflow complet, je me souviens avoir eu l’impression d’avoir à disposition des tonnes de logiciels dont aucun ne faisait ce que je voulais. La plaie. . . Un logiciel pour dérawtiser, un autre pour développer, un autre pour tagguer, un autre. . . Pourtant tout cet apparent « ‘foutoir » (pardonnez-moi l’expression) se révèle être une vraie mine d’or pour qui se donne la peine de chercher, de tester et d’apprivoiser.

Pour commencer, je suis l’heureux pocesseur d’un D700. Donc, qu’on viennent pas me dire que mes fichiers RAW sont datés et que c’est normal que ça marche sous GNU/Linux. Non, même les types de fichiers les plus récents sont pris en charge. Parfois peut-être pas aussi bien que sur le logiciel proprio de la marque mais il en va de même sous Windows. Lightroom 2 n’a jamais aussi bien dérawtisé mes fichiers que  NikonCapture NX 2 (c’est une constatation).

1. Décharger ses photos (quelque soit le type de fichier).

Au début j’utilisais Digikam (dont je suis un fervent adepte). Mais il faut lancer le logiciel à chaque fois (ce qui peut être assez long si on a une grosse base de donnée), créer un album et spécifier cet album comme destination.  De plus toutes les images sont mis par défaut dans le même dossier. Si on a « shooté » pendant trois jours deux ou trois sujets différents il faut attendre la création des miniatures pour sélectionner quelles images dans quel dossier. . . Ca devenait parfois un peu barbant et j’ai finit par me tourner vers l’arme ultime. Sans vouloir faire dans le spectaculaire, RapidPhoto Downloader est vraiment une arme ultime une fois bien configuré.

Concrètement que se passe-t-il? Vous insérez votre carte mémoire,  puis, une fois qu’elle est monté vous ouvrez RapidPhoto Downloader (il peut être configuré pour se lancer dès l’insertion de la carte). Il affiche directement le nombre d’images présentes sur la carte et vous n’avez plus qu’à cliquer sur « Download ». Il range alors les images comme vous le lui avez spécifié dans le menu de configuration (à ne faire qu’une fois). A savoir qu’il prend en compte la date de l’exif de l’image. Donc si vous avez des images prises le 26 et le 27 aout sur la même carte, il fera deux dossiers séparés. Encore une fois ça dépend de la configuration que vous lui aurait donné.

Des images valent mieux qu’un discours :

rapidpd01

Un clic sur Download et c'est partit, toutes les images importées sont classées selon nos souhaits.

rapidpdconfig

Ma configuration qui correspond à l'exemple indiqué en bas de fenêtre. Pour le classement les données EXIF de chaque image est pris en compte.

Dans mon exemple j’aurais donc la hiérarchie suivante :

-MonDDimages

—-2009

——–2009-08

————2009-08-24

————2009-08-26

Les images sont déchargées rapidement, ne reste plus qu’à faire un premier tri.

(Un article sur Rapidphoto Downloader )

2. Premier tri, une visionneuse qui affiche les RAW vitesse « grand V ».

Pour cela, Geeqie, que j’avais présenté ici est, je crois ce qu’il se fait de mieux. Vous pouvez donc faire un premier tri, en plein écran avec ou sans la gestion des couleurs. Bref, encore une fois ça passe comme une lettre à la poste (dans les années qui viennent il faudra penser à changer ce dicton!).

geeqie02

3. Développer les RAW.

Je pense que c’est là où la difficulté commence vraiment.  Pas de Photoshop, pas de Lightroom 2 (non je vous jure, Adobe n’est pas solidaire du logiciel libre et ce n’est pas en proposant un lecteur flash pour Linux qu’ils le deviennent), pas de NX2 (ou autre logiciel propriétaire de la marque du boitier). . . Mon dieu que vais-je faire?

Encore une fois, il  y a beaucoup de solutions, mais cette fois, pas toutes libres ni gratuites. Dans ce qui est libre et gratuit on peut nommer GIMP (évidement), RawTherapee, RawStudio et d’autres dont j’ai oublié le nom. GIMP, même s’il permet de vraiment bien travailler son RAW est trop lourd pour un gros workflow. Il manque encore beaucoup de choses à RawStudio quant à RawTherapee il est mon préféré parmis les libres. . . mais on ne peut s’empêcher de comparer à un Lightroom et il fait (pour le moment) pâle figure.

Les catalogueurs comme Digikam et GTKRawGallery permettent aussi de traiter les RAW mais je trouve ça encore trop lent et trop lourd pour traiter, par exemple, 100 images.

Que reste-t-il (attention, je parle d’un usage intensif pour un gros paquets d’images, pour quelques images les logiciels cités plus haut font très bien l’affaire)?

Lightzone qui est payant, multiplateforme et très complet. Il utilise plus ou moins les techniques du Zone System d’Ansel Adams. Donc à ne pas mettre entre toutes les mains.

Mon choix se porte donc sur Bible 5 Pro dont les versions bétas me permettent d’en profiter gratuitement.  Bibble se rapproche très fortement de Lightroom. Il permet de gérer une bibliothèque assez facilement (même si cette fonction m’intéresse peu, nous verrons pourquoi plus tard) et de traiter des centaines d’images à « la vitesse de l’éclair » (c’est le slogan du logiciel).

bibble5ppr-general

La vue générale de Bibble 5 Pro avec les réglagse de bases à droite, la bibliothèque à gauche et les miniatures en haut. Chaque pan peut être caché pour travailler en plein écran.

Bibble 5 Pro permet de faire tout ce que font tous les grands logiciels  photos sur une images. . . ou presque. Pour le moment ne (me) font défaut que deux choses :

-La gestion du bruit est limite sur un RAW du D700 par rapport à NX2 (même par rapport à Lightroom).  Je parle du bruit apparaissant à partir de 2500 ou 3200 ISO ok?

-Pas d’outils pour enlever les « pétouilles » sur une image (ou alors je ne l’ai pas trouvé!).

Hormis ces deux « détails » Bibble 5 Pro est une vrai bombe et il remplace aisément n’importe quelle autre logiciel valant 1000 euros  (sans déconner, on nous prend pour des cons à vendre des logiciels à ce prix là!!) sauf qu’il en vaut 10 fois moins. Il faut des besoins, à mon avis, très spécifiques pour allez chercher plus cher.

4. Second tri.

Personnellement je fais toujours un second tri (qui en est en fait un troisième puisque sous Bibble j’ai déjà fait un second tri) avec Geeqie.  Ca n’engage que moi.

5. Organisez ses photos.

Que vous soyez sous KDE ou Gnome, votre choix sera sans doute différent. Deux « mastodontes »  se partagent le marché (j’adore dire ça en parlant de logiciels de libre, excusez-moi!).

-GTKRawGallery pour ceux qui sont sous Gnome

-Digikam pour ceux qui sont sous KDE.

Etant sous KDE4, mon choix se porte logiquement vers Digikam et je connais quelques personnes qui l’utilise étant sous Gnome. Ce logiciel est ultra complet. Je vais faire une présentation rapide parce-que ce n’est pas le but du sujet.

Selon les options que vous aurez choisies Digikam scanne ou non les nouvelles images lors du lancement.

digikam01

Une vue général de Digikam. Etiquette droite, Albums à gauche.

Une fois sur l’écran principal (cf image) vous avez vos albums à gauche, vos étiquettes à droite et les miniatures au milieu. Les étiquettes sont comme des mots clefs. Ils permettent de « tagguer » vos images. Une option permet d’enregistrer ces étiquettes comme mot clefs dans les exifs de l’image (pour le moment en expérimental pour les RAWs). Ensuite, un simple clic sur l’étiquette Tante Victoire (par exemple) vous affiche toutes les images concernant votre Tante Victoire (pour peu que vous les ayez toutes tagguées évidement).

digikam02

Même vue, onglets différents. A gauche le calendrier, à droite le "geo-tagging"

Fonction à la mode que je n’utilise pas, Digikam gère le « Géo-Tagging ». Il travaille aussi en étroite collaboration avec Dolphin (le gestionnaire de fichier de KDE4). Ce qui permet que dès qu’un dossier est créé, un fichier copié ou déplacé dans Digikam, la même chose est faite « en vrai » sur votre disque dur. Donc quand vous ouvrez ce même dossier dans Dolphin tout est pareil à Digikam. Ca marche évidement dans les deux sens. Ca paraît peut-être anodin mais c’est très très agréable.

Ensuite via les kipi-plugins, Digikam offre un panel énorme d’options. Vous pouvez rajouter des bordures en masse, redimensionner par lot, créer une galerie html (ou Flash), regarder un diaporama et encore de nombreuses autres choses. Digikam permet aussi de dérawtiser, offre une table lumineuse, et. . . En fait il faut le tester. Il est difficile de résumer en quelques lignes tout ce dont Digikam est capable (d’autant que ce n’est pas le but de ce billet)! Je lisais sur un forum que Digikam était le meilleur logiciel libre pour gérer une bibliothèque photo sous Linux. Je ne me rappelle pas avoir vu un logiciel aussi performant et complet lorsque j’étais sous Windows. . .

6. Imprimer

La plupart voir tous  les logiciels cité jusqu’à maintenant permettent l’impression. Mais à mon sens, autant en utilisant un spécialement conçu pour ça.

Je vous redirige donc vers le petit article que j’avais fait sur Photoprint. Ce logiciel est encore une fois très bon.

7. Annexe

-Pour la calibration d’écran, voir encore un de mes articles sur DispcalGUI.

-Les kipi-plugins présent dans Digikam sont aussi dispo via Dolphin. On choisit une ou plusieurs images puis on peut à souhait, redimensionner, ajouter une bordure, convertir, créer un pêle-mêle ou un diaporama exportable, tourner, ajouter une annotation, etc. . . simplicité et efficacité :)

-Scanner : Oui c’est possible et tout aussi bien et rapidement que sous Windows. Sane est là pour ça. Il existe plusieurs interfaces graphiques qui permettent de le piloter en toute simplicité. Xsane, Skanlite et d’autres.

8. Conclusion.

Voilà, comme vous l’aurez remarqué, il est tout à fait possible de traiter des centaines d’images RAW sous GNU/Linux de manière efficace et rapide tout en restant dans le libre. Chez moi, la seule entorse faites au libre est Bibble 5 Pro. Mais les autres dérawtiseusr sont des logiciels au développement actif. Il y a fort à parier que d’ici quelques temps, un Rawtherapee ou un Rawstudio vaudra son pesant de cacahuètes. Pour ceux qui n’ont pas besoins de traiter 500 images par jour, ces deux logiciel peuvent très bien suffire.

Quant à Photoshop, il peut désormais rester dans ses cartons. GIMP n’est pas facile à prendre en main, ça je vous l’accorde. Mais avec du temps on s’y fait et il devient parfois prise de tête de se retrouver sous Photoshop. En fait, tout est une question d’habitude. A noter que la prochaine grande version de GIMP a, entre autre, pour but de simplifié l’interface.

Allez Windowsien, je ne te demande pas de jeter Windows par la fenêtre, mais juste de t’intéresser aux alternatives libres qui existent et tu verras, avec un peu de chance tu tomberas toi aussi assez amoureux de cette communauté pour ne plus rien concéder aux vampires d’en face.

Sur ce, à la prochaine.

PS : si vous voulez chercher plus précisément ou demander de l’aide, PhotoLinux est un forum spécialisé sur la photo et Linux. Et en Français ;) .

5 Comments
  1. Cenwen permalink

    Salut LCG
    Un bon article comme je les aime sur ma première passion. Ce serait bien si tu nous faisais un article sur bibble5 et aussi et surtout sur Rapid Photo Dowloader. Ce logiciel est un ovni sous Linux (n’ayant pas d’équivalent à ma connaissance) et est difficile à prendre en main.(moi ça m’arrangerait!) Il n’est pas encore traduit en français car la traduction n’est qu’à 80% environ.Mais c’est pour bientôt.
    Rawstudio et GTKrawgallery sont aussi de bons logiciels.

  2. Merci.

    Un article sur Rapid Photo Downloader est prévu. Si j’ai le temps je ferais ça dans la semaine.
    Si on comprends un peu l’anglais ce logiciel n’est pas si dur que ça à prendre en main. Le principal est de bien prendre le temps de le configurer.

  3. Francois Cattin permalink

    Très bon article en effet !
    Néanmoins une petite précision: l’excellent RawTherapee, bien que gratuit, n’est pas libre (voir son forum pour les raisons).

  4. Bonjour et merci.

    En effet, mea culpa. RawTherapee n’est pas libre.
    En voici la cause :

    « Hi Janne,

    thank you for the polite mail. I get several rough mails from open source fans forcing me to switch to GPL (« you owe the open source community… », etc.).

    There is only one reason to keep the source closed: I would like to earn some money with it (as I have put so much effort in it). I dont want to be a millionaire, I just want to live a bit easier (in the Hungarian circumstances).

    I can promise the following two things:
    a) If I can not devote time into the development, I will release the source code under GPL
    b) If I collect a given amount of donation, I switch to GPL. (Now I am at 1.5%)

    Best regards
    Gabor »

    En gros, l’auteur espère pouvoir se faire un peu d’argent avec son logiciel après y avoir passé beaucoup de temps. Ce qui me semble plus qu’honnête.
    Il promet cependant deux choses :
    -Que s’il doit un jour arrêter le développement de RT il libèrera le code.
    -Que s’il atteint un certain chiffre de donation il libèrera RT.

    Voilà,

    Merci François pour la remarque.

  5. A noter que l’auteur vient de nous gratifier d’une nouvelle version et d’une licence GPL pour cette nouvelle année 2010.

    http://www.rawtherapee.com/

    Nul doute que ce logiciel va grandement s’améliorer avec l’aide de la communauté.

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